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Témoignage de Yanick et Marilyne

Yanick et moi sommes officiellement un couple infertile depuis février 2005.  Comment s’est fait l’annonce?  Mon gynécologue m’a appris par téléphone que Yanick est azoospermique, ce qui veut dire qu’il ne produit pas de spermatozoïde.  Qui doit lui annoncer quand il arrivera pour venir diner à la maison?  Moi.  Ce fut le pire jour de ma vie.

Notre histoire d’amour a commencé en octobre 2001.  Nous nous sommes rencontrés dans le gymnase du CHRDL, lors d’une activité de volleyball.  En avril 2002, j’emménage avec Yanick dans son appartement et en juillet 2002, je cesse la pilule contraceptive, car nous avons comme projet de fonder une famille.  La fin 2002 approche, 2003, 2004.  Toujours rien.  Déjà 3 ans ont passé et nous ne sommes pas encore d’heureux parents.

C’est alors qu’en 2004, mon gynécologue m’envoie passer des test. Prise de sang pour Yanick et moi, toujours rien.  Par contre, mon gynécologue me dit que j’ai un débalancement d’hormones, ce qui peut être la cause de notre infertilité.  Je repars de son bureau avec la culpabilité de nos échecs sur les épaules.

Peu après, Yanick va passer une échographie des testicules, ainsi qu’un spermogramme.  L’échographie démontre que les testicules ne possèdent pas la couche qui produit les spermatozoïdes. Le spermogramme, quant à lui, indique également qu’il y a absence de spermatozoïde. Le résultat est alors inévitable et sans appel; Yanick est stérile.

Notre médecin de famille qui a reçu également les résultats du spermogramme et de la radiographie suggère d’aller consulter un urologue au CHRDL.  Le Dr Sajous, un homme empathique et à l’écoute de notre situation annonce à mon conjoint qu’il n’y a aucune possibilité de retour, qu’aucune biopsie n’est possible pour permettre de créer la vie et que mon conjoint fait partie d’une personne sur 100 000 qui vit la même situation.  C’est alors qu’il nous a parlé des alternatives, soit l’adoption ou l’insémination artificielle avec donneur.  C’est avec ces 2 choix que nous sommes retournés à la maison.

Peu après, Yanick m’a offert la possibilité de refaire ma vie afin de pouvoir vivre un projet parental de façon dite « normale », choix que j’ai refusé sans hésitation.  Pour moi, l’homme que je souhaitais pour père de mes enfants était Yanick…

 

De février 2005 à avril 2006, j’ai fait mon possible pour permettre à Yanick de vivre son deuil.  Par contre, dès lors, une distance s’est créée entre nous et cette distance se nomme la SOUFFRANCE.  Nous avons également fait le choix d’en aviser notre entourage, que ce soit familles et amis.  Les réactions furent différentes les unes des autres.  Nous avons vécu beaucoup d’incompréhension, de déni et de sympathie de leur part.  C’est alors que nous avons compris que cette souffrance ne se partageait pas, mais qu’elle se vivait simplement entre nous, au quotidien.

Début 2006, nous avons entamé le processus de l’Insémination Artificielle avec Donneur.  Nous avons rencontré un médecin de la Clinique Procréa qui nous a expliqué ce qui nous attendait.  Par la suite, il nous a fait rencontrer une infirmière qui a pris en note les caractéristiques de Yanick, ainsi que les miennes, afin de trouver un ou des donneurs compatibles avec nos caractéristiques.  Peu après, nous avons rencontré la psychologue de la clinique, qui devait déterminer si nous étions prêt à débuter les traitements.  Et c’est en mai 2006 que nous avons vécu notre première IAD.

Mai-juin-juillet 2006 non-fructueux, donc étant donné que nous étions rendus à 3 mois d’essais, nous avons changé de donneur.  Juillet-août-septembre 2006, toujours sans résultat.  Je commence à flancher, autant dans ma vie personnelle que professionnelle.  Être 2 semaines dans l’attente et 2 semaines dans la déception ne me faisait plus.  C’est pourquoi qu’en octobre et novembre 2006, Yanick a pris la décision de prendre un peu de recul.  Nous avions investis jusqu’à 4000$ dans l’espoir d’un résultat, mais ce résultat ne venait pas. J’étais sur le bord d’une dépression, il fallait que quelqu’un arrête tout et c’est Yanick qui a eu le courage de le faire.

Nous avons recommencé les IAD en décembre 2006, et ce avec un troisième donneur.  Par contre, les IAD de janvier 2010 ont porté fruit!  Ma réaction?  Je n’y croyais pas.  C’est Yanick qui a regardé le résultat du test de grossesse, car dieu sait que j’en ai passé des tests de grossesse.  J’étais certaine qu’il me jouait un tour et je lui disais d’arrêter de me niaiser.  J’étais complètement déconnectée.  Le 18 janvier 2007, deux jours avant le 34e anniversaire de naissance de Yanick, le test était POSITIF, nous avions enfin la chance de devenir parents!

Le 28 septembre 2007, à 20h09, est né Alexandre, 8 lbs et 10 oz, mesurant 21 pouces et en santé.  Wow!  Quelle belle réussite!  Mais cette joie cachait une douleur encore inconnu pour Yanick….

Yanick est retourné à la maison 2 heures après mon accouchement. Nous ne sommes jamais vraiment revenus en profondeur sur cette situation.

La distance entamée en février 2005 s’est poursuivie jusqu’en mars 2009, moment où j’ai décidé de mettre fin à notre relation.  Avec les années, la distance est devenue un fossé et la communication était devenue très difficile.  Nous étouffions chacun de notre coté.  Le sujet de l’infertilité n’était plus abordé.  Je ne voulais pas lui en parler pour ne pas raviver son sentiment de culpabilité. De son coté, il ne voulait pas m’en parler, car il se sentait coupable d’être partie après l’accouchement. Il se demandait également s’il avait fait les bons choix? J’ai donc quitté la maison en début mai 2009.

 

Il faut cependant noter que la séparation n’est pas principalement dû à l’infertilité, mais qu’elle a été un facteur aggravant.

Aujourd’hui, 01 décembre 2009, je suis de retour dans mon chez moi avec Yanick et Alexandre.  Nous sommes en thérapie de couple, depuis peu, pour en venir à une communication saine et satisfaisante pour les deux, mais également pour consolider l’amour qui nous unis.

La communication saine dans le couple est l’élément clé lors d’une souffrance profonde telle que l’infertilité.  Il est très important de penser à SOI et à NOUS.

Bon courage!

Marilyne

Bonjour,

Je relis ce texte de ma conjointe et n’arrive pas à croire que nous avons vécu tout ceci. Une chose est sûre et certaine, quelque soit le processus et les décisions que vous prendrez envers la IAD, la fécondation in vitro ou l’adoption, la communication est la base de tout.

Pour ce qui est de la personne qui est infertile ou stérile, vous n’êtes pas seul dans tout ceci. La solitude ou l’isolement est votre pire ennemi. Personne ne peut comprendre ce que vous vivez ou ce que vous ressentez si vous ne leur dites pas!

À chaque jour de ma vie, jusqu’à ma mort, je vais devoir vivre avec le commentaire que mon fils ressemble à ma femme, qu’il est son portrait tout craché…   Faite de votre conjoint(e) votre allié dans tout cela, permettez leur d’intervenir lorsque la situation est émotive ou difficile pour vous. N’oubliez jamais que votre conjoint vit également une partie de votre situation. Toutes situations d’infertilité, d’incompatibilité, de stérilité  méritent d’obtenir une attention particulière. Consultez un professionnel pour en parler….   Prenez soin de vous, car vous devrez bientôt prendre soin de lui ou d’elle?

Bon courage!

Merci ma chérie!

Yanick

 

 

 

STÉRILITÉ….

 

 

Au moment d’obstacle important,

Où la fuite n’est pas le réconfort

Entièrement impliqué dans l’événement

Personne ne peut changer le sort

 

Il y a ces instants de vie

Sans explication, sans merci

D’une douceur symphonique

D’un impact tragique.

 

Comment concevoir comme être humain

Que l’on ne pourrait transmettre à demain

La vie, l’amour, le bonheur, partager un sourire

Ne pouvoir regarder ses gênes nous faire rire.

 

Se retrouver seul au milieu de la foule

Ne pouvoir partager avec tous le même moule

Voir l’incompréhension autour de soi

Ne pouvoir expliquer ce qui m’arrive à moi

 

Personne ne le peut

Les échelons de la vie ne sont pas toujours joyeux

J’ai rencontré hier, une étape, un mont

Je dois passer outre et faire seul cette ascension

 

Le pourquoi, le comment furent les premières questions

Accident, défauts, gêne manquant ou bien aversion

Il est difficile d’y trouver raison

Est-ce moi qui ai choisi cette situation?

 

Refuser la vie au point d’y soustraire la sienne

M’aurais-je imposé tant de peine

Comme au plus profond d’un puit

J’aurais voulu sombrer dans l’oubli

 

M’appuyer doucement sur la paroi

Me laisser mourir de froid

Accepter le fait

De ne jamais voir mes traits

 

Un long chemin sinueux devant moi

Ou bien le début d’une expérience nouvelle

Un long chemin ensoleillé

Ou bien la fin de ma vitalité

 

Je ne peux baisser pavillon

Car une femme vit aussi cette conclusion

Elle devra choisir

Pour le meilleur et/ou pour le pire

 

Cette femme a le droit de partir

Les voiles au sud vers d’autres navires

Si elle désire se rapporter à mon quai

Je ne pourrai plus la quitter

 

Si elle désire voir le large

Je lui laisserai ce message

Merci, oh merci, pour les petits moments de notre vie

Je te souhaite un navire à la hauteur de Rimouski…

 

Moi je prendrai ma chaloupe

Et voguerai vers la Guadeloupe….

 

10 janvier 2008 1h du matin

Yanick Piché

 

je me présente Annie et mon époux Stéphane. Nous sommes un couple depuis novembre 1993. Nous nous sommes mariés en août 1997 avec objectif de fonder une famille. Malheureusement, tout ne s'est pas passé comme nous l'avions planifié.

Après un an d'essais infructueux, nous sommes allés consulter un spécialiste. Le diagnostic: pour ma part, j'ai les trompes qui se bouchent et pour mon époux, ses spermatozoïdes sont moins forts et moins nombreux que la moyenne des hommes. Donc, nous deux ensemble, les chances de grossesse sont faibles.

Nous nous sommes donc dirigés vers les centres jeunesses pour aller vers l'adoption québécoise. Nous nous disions qu'il y avait tant d'enfants maltraités et abandonnés que l'on pourrait en adopter. Les centres jeunesses nous ont expliqué que la liste d'attente était très longue, que nous pouvions même aller jusqu'à dix ans d'attente. Nous avons quand même accepté, tout en nous disant que nous pouvions essayer une autre méthode en attendant.

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Confidences d’un couple infertile

 


OLIVIER LANIEL
MÉTRO
19 mai 2009

 

Sujet tabou, l’infécondité touche pourtant un couple sur huit en Amérique du Nord.

Alors que le désir de devenir mère l’habite depuis longtemps, Anne-Marie frap­pe un mur à 25 ans. Après un an «d’essais», elle et son conjoint vont consulter dans une clinique de fertilité. Le diagnostic est rapide : François, 26 ans, souffre d’oligospermie grave, soit une diminution de la concentration en spermatozoïdes dans le sperme.

«Vous êtes encore jeunes» et «vous vous en faites trop» sont des commentaires qu’ils ont entendus à maintes reprises. Blessantes, les paroles affectent le couple. En plus, «le simple fait de voir un enfant dans la rue ou d’entendre parler de grossesse nous rendait mal à l’aise», soutient la jeune femme.

 

 

Afin de mettre toutes les chances de leur côté, Anne-Marie et François essaient l’insémination par donneur et la fécondation in vitro (FIV) avec microinjection. Exit la beauté de la conception: les techniques de reproduction imposent de nouvelles règles à la vie sexuelle du couple. «La journée d’ovulation, même si mon chum n’a pas le goût de le faire, il n’a pas le choix», révèle Anne-Marie. Après  avoir déboursé près de 10 000 $ pour leurs traitements et fait preuve d’une patience exemplaire, les deux tourtereaux se désolent. Les solutions possibles pour concevoir un enfant naturellement échouent.

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Témoignage

Mon conjoint s’appelle Patrik, 43 ans, et moi, Geneviève, 32 ans.  Il y a maintenant 4ans et demi que nous tentons de fonder une famille, en vain.  Avant même de tenter de concevoir, je savais déjà que j’avais un problème de fertilité.  Depuis l’adolescence, mes menstruations étaient très irrégulières et depuis, elles le sont encore plus.  Je suis maintenant rendue à des cycles de 270 à300 jours en moyenne!!

 

Il y a six ans, ma gynécologue me diagnostique un cycle anovulatoire, mais sans en connaître réellement la vraie raison.  Lorsque mon conjoint et moi avons décidé d’avoir un petit boutchou, je suis retournée voir ma gynécologue, et elle m’a prescrit  du Clomid.  Sur sa recommandation, arrivée à la maison, j’ai fait un test de grossesse pour m’assurer de ne pas être enceinte, puisque le Clomid et bébé ne font pas bon ménage.  À ma très GRANDE surprise, le test est POSITIF.  J’ai peine à y croire, je ne tiens plus en place.  Mon conjoint est aussi surexcité à cette grande annonce.  Comme je suis infirmière, je me suis rendue à l’hôpital et je suis allée passer une prise de sang.  Mon résultat est à 473 de B-HCG, je suis donc à environ quatre semaines de grossesse.  Quelle chance, je suis enceinte!!

 

Nous sommes mercredi et nous décidons d’attendre au dimanche, deux semaines plus tard, avant d’annoncer à mes parents cette belle nouvelle, puisque sera la fête des Pères ce dimanche-là.  Je trouvais un peu féérique de donner une carte de bonne fête à grand-papa, de la part de son futur petit-garçon ou de sa future petite-fille.  L’attente sera longue.  Le vendredi suivant mon test de grossesse, les nausées et vomissements ont débuté.  Le dimanche, j’ai eu de très légères pertes rosées, mais sans plus.  Le lundi, pas de nausées ni de vomissements.  Je me sens en pleine forme.  En fin d’après-midi, j’ai eu d’autres pertes sanguines, mais un plus abondantes.  Je commence à avoir peur.  Plus les heures avancent, plus les saignements augmentent, et je réalise que je suis en train de faire une fausse-couche.  Une semaine plus tard, ma prise de sang révèle un faible taux d’hormone à 17, ce qui confirme la fausse-couche.  Ce fut un deuil très difficile, surtout que je n’ai pas eu le bonheur d’annoncer cette grande nouvelle à mes parents.

 

Après quelque temps, nous décidons donc de débuter le Clomid que j’avais déjà en main. Au bout d’un mois, rien à l’horizon.  Nous tentons un deuxième mois, et encore un échec.  Je consulte un nouveau gynécologue d’une clinique qui m’a été recommandée.  Ce fut une expérience atroce.  Premièrement, il me mentionne que ma gynécologue est irresponsable de m’avoir prescrit une telle dose de Clomid et qu’elle aurait pu me faire « éclater » les ovaires.  Le dosage du Clomid était pourtant seulement à la moitié de la dose maximale.  Il m’effectue un examen gynécologique, AYOYE!! On peut dire qu’il n’était pas là quand la douceur est passée, lui.  Il me demande ensuite de le retrouver dans son bureau et il ouvre la porte, qui donne directement sur la salle d’attente, pendant que je suis encore sur la table d’examen, les fesses à l’air!!!!  Je n’ai jamais été aussi humiliée.  Croyez-moi, c’est la dernière fois que j’ai vu ce médecin.  Par la suite, une amie me raconte qu’elle a rencontré un gynécologue extraordinaire et me le recommande.  J’étais un peu sur mes gardes. Quoi qu’il en soit, elle me recommande le Dr Pierre Miron.  Quel bonheur!

 

Dès le premier rendez-vous, il pose un diagnostic qui est confirmé par des prises de sang.  Je souffre du  Syndrome des ovaires polykystiques.  Il me prescrit de la Metformin, et nous tentons de tracer des courbes de température.  Rien, aucune ovulation.  Nous tentons du Tamoxifène, sans succès.  Nous retentons le Clomid, à dose maximale, puis une insémination artificielle : toujours aucun succès.  Nous tentons donc les injections de Repronex, avec prise de sang et échographie endovaginale tous les trois jours.  Les doses augmentent rapidement, car aucun follicule ne se forme.  Après  trois semaines et demie de Repronex  et 2000 $,  toujours aucun follicule.   Nous décidons d’abandonner ce cycle et de prendre une pause financière. Nous avons aussi besoin de prendre un peu de temps pour notre couple.

 

Nous sommes sur le point de recommencer les traitements, mais cette fois en FIV.  Après discussion avec un médecin, la technique de MIV (maturation in vitro), devrait probablement être prometteuse pour nous.

À suivre…

 



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